Les files d’attente interminables à l’ANPE ? L’agence du Blanc- Mesnil/Garonor a choisi de casser cette image en réorganisant ses services. Améliorer l’accueil était devenu primordial pour cette agence qui a connu de grosses difficultés et a dû inventer de nouvelles méthodes de travail.
La cité Montillet du Blanc-Mesnil est ce que l’on appelle une cité d’urgence. Elle n’était pas faite pour durer. Après plus de trente ans d’existence, le bâti est fortement dégradé. Compte tenu de l’ampleur des travaux et de leurs coûts, le bailleur décide, en 1994, de démolir les bâtiments jugés trop vétustes. Dès le départ, la ville souhaite travailler aux côtés du bailleur et voir les habitants associés au projet.
Au Blanc-Mesnil, la cité Montillet fait l’objet d’un programme de reconstruction-démolition. Ainsi, depuis le printemps 1999, les habitants assistent impuissants aux premières construction tandis que les appartements voisins sont peu à peu vidés de leurs locataires, puis murés. C’est dans ce contexte que la ville fait appel à l’Association de création théâtrale et audiovisuelle, ACTA-Compagnie Agnès Desfosses afin d’accompagner les habitants dans cette mutation qui apparaît rapidement comme particulièrement douloureuse pour ces derniers. Pour Agnès Desfosses, photographe-metteur en scène, il s’agit de mettre en scène les habitants et la cité, " avant qu’elle ne passe de la réalité au souvenir ".
Au Blanc-Mesnil, le souci d’encourager la participation des habitants a donné lieu à la création de plusieurs instances. L’enveloppe dédiée au soutien des initiatives associatives est gérée depuis 1994 par la Commission vie associative. Les changements survenus en 2000 ont donné naissance à un fonds de participation des habitants (FPH) : ce fonds a été ouvert aux projets des habitants des quartiers nord et sud non organisés en association, des thématiques prioritaires et un plafond financier ont été fixés. D’abord conçu comme un moyen parmi d’autres pour travailler à la citoyenneté, le FPH doit permettre de susciter le débat.
Élaborée en Allemagne dans les années cinquante, la méthode des Ateliers de l’avenir vise à donner sa place à la population comme force de proposition. Cette technique dynamique permet la confrontation d’idées entre les différents acteurs concernés par un même territoire : habitants, usagers, élus, personnels municipaux, travailleurs sociaux…