La politique de la ville a démarré en Seine-Saint-Denis dès le début des années quatre-vingt, sur quelques quartiers expérimentaux. Vu les difficultés rencontrées sur ce territoire, elle s'est très vite étendue à d'autres quartiers puis aux villes. Sur les quarante villes qui constituent le département, vingt-cinq sont concernées aujourd'hui par la politique de la ville. La Seine-Saint-Denis est depuis longtemps un territoire d'innovations et d'expérimentations, elle l'a démontré de nouveau avec la politique de la ville.
Avant 1983 : les prémices
À la fin des années soixante-dix, l'opération
Habitat et vie sociale (HVS) a été menée dans deux
quartiers, les 4000 à La Courneuve et le Clos-Saint-Lazare à Stains.
Ces sites ont fait partie des 148 premiers quartiers à avoir
bénéficié d'une convention de développement
social des quartiers du IXe plan (1994-1999). Les opérations
concernent essentiellement la réhabilitation du bâti et
l'aménagement urbain, ainsi que quelques actions sociales.
De 1989 à 1993 : neuf DSQ
Là encore, l'échelle d'intervention est le quartier.
Les opérations sont centrées autour de la réhabilitation
urbaine. Des actions d'accompagnement social et de soutien à
la vie associative se sont renforcées.
En 1991
la Seine-Saint-Denis a été retenue
au titre des contrats de ville expérimentaux pour la période
1991-1993. Si la proposition de contractualisation à l'échelle
du département entre le Conseil général et l'État
n'a pas été actée formellement, elle a donné
lieu à différentes études. Celles-ci ont mis en évidence
la nécessité d'une intervention conjointe sur des secteurs
géographiques concentrant de nombreux problèmes, devenus
par la suite les dix-neuf contrats de ville, et sur des thématiques
transversales au département dont la création du centre
de ressources pour la politique de la ville, le soutien aux entreprises
d'insertion et l'appui à l'animation des activités économiques
dans les quartiers.
De 1994 à 1999 :
dix-neuf contrats de ville et le Pacte de relance pour la ville
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L'échelle d'intervention de la politique de la ville s'étend
à l'ensemble de la ville, en gardant une action ciblée dans
les quartiers les plus en difficulté. Quelques opérations
de désenclavement de quartier se poursuivent ou s'engagent comme
à Aulnay-sous-Bois, La Courneuve, Épinay-sur-Seine, Noisy-le-Sec,
Pantin ou Villetaneuse. Les actions de proximité et les initiatives
de quartier sont encouragées : création de l'Espace services
publics au Franc-Moisin à Saint-Denis, du fonds de participation
des habitants à Blanc-Mesnil, de l'Espace de vie sociale à
Montfermeil, des femmes relais à Clichy-sous-Bois, de l'Espace
santé jeunes Mosaïque à Aubervilliers, la réhabilitation
du centre commercial des Fauvettes à Neuilly-sur-Marne, la territorialisation
des services municipaux à Montreuil-sous-Bois, le développement
de la médiation culturelle à Villetaneuse
Et à côté des dispositifs structurants
En 1996, le Pacte de relance pour la ville découpe les
territoires en fonction de leurs difficultés : trente-six
zones urbaines sensibles (ZUS), dont trois nouveaux quartiers à
Pierrefitte-sur-Seine, Dugny et Noisy-le-Grand, quinze zones de redynamisation
urbaine (ZRU), et deux zones franches urbaines (ZFU), dont une à
Bondy Nord et une à Clichy-Montfermeil.